ASIAD
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L’INDIVIDU, PRODUIT DE TRANSMISSIONS EDUCATIFS, CULTURELS, … CROYANCES et RITES

Texte de réflexion Asiad

Problématiques interculturelles…
14 au 17 avril 2003

« La compréhension des cultures différentes, l’analyse de pratiques liées à celle-ci permettra aux managers d’évaluer, de projeter, d’organiser certains comportements singuliers. »

I-Penser la culture :

La notion de culture est une création anthropologique du XXème siècle. Si elle occupe aujourd’hui une place de choix dans les sciences humaines, c’est qu’elle est le lieu d’un interminable débat sur la place de l’universel et du particulier dans l’action et la pensée humaine.

1-Civilisations ou cultures :

En France, l’idée de constituer les cultures en objets singuliers se heurta, jusque dans les années 30, à la conception unitaire de la civilisation comme processus de développement : un sociologue comme Emile Durkheim, un anthropologue comme Marcel Mauss ne faisaient pratiquement pas usage de la notion de culture, mais celles de tribus, d’ethnies, de sociétés ou de civilisations pour désigner des entités distinctes.

Leur œuvre a contribué à la formation du concept moderne de culture. Le sociologue Talcott Parsons parle, lui, des « systèmes des symboles expressifs partagés » qu’il nomme « tradition culturelle ». C’est entre autres, l’ensemble des valeurs et des représentations nécessaires à la vie en société. Avec Parsons, l’action sociale est controlée, en dernier ressort, par un ensemble immatériel d’idées et de valeurs transmises par l’éducation, et qui forcément varie d’une société à l’autre. Ainsi se trouve fondée en théorie l’idée que la culture, sous sa forme la plus abstraite, est ce qui donne forme aux sociétés et assure leur reproduction.


2-Le culturalisme :

La consécration de l’importance des différences culturelles est atteinte dans les années 30, lorsque des linguistes comme Edward Sapir et des anthropologue comme Ruth Benedict et Margaret Mead entreprennent de vérifier ce qui n’était encore qu’une hypothèse générale. Il semblait logique de penser que si la culture était capable de reproduire la singularité des systèmes sociaux, ce devait être par le biais de l’éducation donnée aux individus. Benedict et Mead furent les premières à enquêter systématiquement sur les effets de l’éducation sur les manières d’agir, les attitudes, les mœurs des enfants dans différentes sociétés exotiques, inaugurant le courant que l’on appellera plus tard « culture et personnalité ».

Leur approche est différentialiste et elles retiennent de Parsons, l’idée que la culture, dans une société donnée, est bien ce qui assure l’intégration des différentes sphères d’activités (économique, sociale, religieuse). Mais ce qui les intéresse est de montrer que la culture s’incarne dans les individus : ce n’est pas le patrimoine (de textes, de principes, de techniques) qu’elles observent, mais la manière dont celui-ci s’incarne dans les individus, et s’exprime dans leurs actions.

Pour certains, les cultures véhiculent des modèles de pensée et d’action, qui forgent à la fois une vision du monde et un style de comportement particulier… On pourrait, au lieu d’attribuer à chaque société un modème unique de personnalité, entreprendre de le différencier selon les statuts des individus : hommes, femmes, aînés, cadtes, …

La notion de culture, seon l’anthropologue Clifford Geertz, n’exige pas d’élaboration théorique : c’est une sorte de limite de la compréhension, qu’on peut tenter de décrire, mais non d’expliquer.

II-Socialisation et identité :

Le culturel n’est pas seulement quelque chose qui s’ajoute à la nature de l’homme ; il s’agit d’une dimension essentielle, qui en est constitutive. C’est en effet par sa médiation que l’individu, au cours de son développement, devient humain. Les modes du devenir humain ne sont pas uniformes ; ils varient d’un groupe social à l’autre, d’une culture à une autre.

1-L’appropriation des significations culturelles :

Au cours de son développement, l’individu rencontre nécessairement autrui, tisse avec lui des liens, au gré des groupes sociaux et des situations traversées. On appelle socialisation les modifications qui se produisent à cette occasion dans les rapports de chacun avec son environnement et avec soi-même. Chaque groupe social possède des significations culturelles propres auxquelles est confronté le sujet. D’origines collectives ces significations culturelles sont reliées à des logiques partagées et elles se transmettent, en perdurant dans le temps, au point d’être confondues avec un patrimoine consensuel et durable. Le sujet se les approprie donc, les incorpore, en quelque sorte, sous l’effet du processus d’ »enculturation », dynamique procédant de la socialisation et qui varie largement selon le type de société dans laquelle elle s’opère.

On peut par exemple naître dans une société rurale où l’autorité paternelle et masculine constitue une valeur essentielle et sera transmise par l’ensemble des membres de la communauté –femmes comprises- au jeune enfant. Cela s’opérera à la fois par les tâches à accomplir, par les mythes et croyances qu’il intègrera, par les espaces et les temporalités de la société, etc. On peut aussi naître dans une société urbaine et postmoderne du nord de l’Europe. La négociation familiale, la tolérance aux différences individuelles et la démocratie participative y constituent autant de valeurs et de pratiques généralisées que la socialisation familiale et scolaire, permettra à chacun d’intégrer progressivement.

2-Sociétés industrialisées et subcultures :

Dans les sociétés industrialisées modernes, l’accélération du changement induit des transformations structurelles rendant délicate, voire impossible, la cristallisation en traditions des représentations, valeurs, savoirs, savoir-faire … Simultanément à la diversification des activités et à l’accroissement de la complexité sociale, les sous-groupes sociaux se multiplient et tendent à exister pour eux-mêmes. Les modèles qui les gouvernent suscitent alors une diversification sous forme de subcultures.

Disparates et conflictuelles, ces subcultures introduisent une problématique dans la culture d’ensemble, au sein de laquelle elles se distinguent. Si dans les contextes traditionnels, la socialisation prescrit les comportements et les valeurs dans le détail, dans les sociétés industrielles modernes, elle tend en revanche à proposer des principes de conduites généraux et des valeurs morales globales.

L’une des issues possibles à cette réflexion consiste à opérer une distinction nette entre ce qui, dans la culture, relève de l’usage différentiel de la culture (l’identité), et l’ensemble des compétences humaines rassemblées dans le patrimoine d’une société, qui ne relèvent pas toutes de la stratégie.

Pour dépasser la simple médiation de face à face, nous essayerons de nous situer à trois niveaux :

-la restauration de l’identité ;

-l’insertion dans des réseaux de proximité ;

-l’intégration à la société organisée ;

ainsi, pour l’analyse, nous nous appuirons sur une série d’indicateurs de la vie relationnelle, de la situation culturelle, des facteurs d’exclusion, d’auto-organisation économique ; pour dégager des méthodologies permettant de prendre en compte les potentialités des exclus (construction des repères et des enjeux) et les potentialités du milieu (carte partenariale).

A PARTIR DE CES ELEMENTS, ENGAGER UNE DISCUSSION AVEC LE GROUPE POUR ELABORER UN CADRE COMMUN DE TRAVAIL DE RECHERCHE-ACTION SUR LES RELATIONS INTERCULTURELLES.

Lire sur ce sujet : CANNAT Noël : Entre révolte et médiation - "Denouveaux acteurs sociaux". LES OUTSIDERS, Ed L'Harmattan, Paris, 1998, 229p

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